Les Tours

d'Hébor

N° 2

22ème jour de Mama Killa,

Édito

Bonjour à tous,
      Ça y est ! Le numéro 2 des Tours d'Hébor a mûri, le temps de la moisson d'informations est arrivé...
      Au menu de ce numéro, plein de bonnes choses, notamment la célèbre recette du Rôt d'Antilope Aglan. Une présentation des coutumes héboriennes en matière d'invitation, afin de ne pas apparaître aux yeux de vos hôtes comme un goujat, si d'aventure vous receviez une invitation pour les fêtes à venir. Camelopardus a bien voulu nous ouvrir ses connaissances sur les origines du calendrier Héborien. Enfin, le Barde Pothilik le Sage, Grand Maître de la guilde des Bardes d'Arvor pour le Kilgecha, a accepté, spécialement pour vous, de faire un résumé du modus operendi des élections au poste de Chériff. Il a également condescendu à réaliser un portrait rapide de chaque candidat.
      En cet été chaud et humide, plusieurs articles, évidemment sur Hébor, ont fleuri. Tout d'abord dans Casus Belli n°121 d'Août-Septembre une présentation rapide, concise, mais l'essentiel y est. Ensuite dans Makiavel, le zine du J.p.C. sur le Web, l'auteur présente Hébor et invite au voyage l'aventurier en quête de découvertes. Nous remercions ici les deux reporters, fervents amateurs de J.p.C., pour leurs travaux et contributions qui, gageons-le, conduiront de nombreux aventuriers à venir vous rejoindre sur les terres d'Hébor.


La Recette du Rôt d'Antilope Aglan

par le chef cuisinier nain Pallah
 

      Cette petite Antilope est un gibier assez rare et fort délicat à chasser. En effet, il est impératif qu'elle soit abattue au repos, sans même qu'elle ait pu soupçonner l'approche du chasseur. Une Antilope Aglan abattue en plein effort, voire après un temps de repos insuffisant, aura la chair dure et coriace. D'autre part la simple frayeur instille dans ses veines une substance amère qui la rend impropre à une consommation festive, mis à part les gaveries bestiales de certaines tribus orkes où l'on apprécie de pouvoir se goinfrer du célèbre (allez-donc savoir pourquoi ? peut-être "paske ceçondézorks" ?) ragoût d'Antilopes Amères.
      Donc, pour le Rôt d'Antilope Aglan, il faut disposer d'une de ces Antilopes, abattue selon les règles de l'art. Elle ne doit pas avoir faisandé et, plus elle sera fraîche, meilleur sera le plat. Il est même recommandé que le chasseur adresse une prière à Fenwick et une autre à l'animal pour qu'il lui pardonne de lui ôter la vie.
      Le plus tôt possible, éviscérer le gibier; les meilleurs chasseurs le font eux-mêmes, mais certains ont une sorte d'honneur mal placé qui les pousse à refuser cette "basse besogne" qu'ils considèrent comme dégradante, répugnante et excessivement souillante. Apprenez donc à les reconnaître.
      De même les meilleurs chasseurs n'écorcheront pas la bête dont ils garderont la chair bien à l'abri dans sa peau, n'ayant pratiqué qu'une étroite incision pour ôter les viscères. Alors que d'autres vous livreront la viande, parfois même déjà découpée, souvent n'importe comment, emballée dans des sacs de toile pas toujours très propres... et garderont pour eux le précieux cuir tout en vous faisant payer le même prix.
      N'écorcher l'animal entier qu'après l'avoir délicatement embroché. De même, ne procéder à l'embrochage qu'après avoir préparé un bon feu de bûchettes et les avoir braisées. Pendant l'écorchage, couvrir les braises de sarments de vigne, encore verts et, si possible, avec les feuilles. C'est avec les vignes du Fazeyant que j'obtins le meilleur rôt. Ces vignes nécessitent en effet plusieurs tailles à vert, étant totalement persistantes. Cela donne une qualité incomparable également au vin qu'elles produisent et qui accompagne à merveille ce met délicat, digne des Dieux, qu'est le Rôt d'Antilope Aglan bien cuisiné.
tournebroche avec ses braises, son maillet et son antilope       Une fois la bête embrochée posée au dessus des braises, sur les fourches prévues à cet effet, la tourner tranquillement d'un mouvement régulier et patient. Observer les gouttes de graisse fondue. Celles-ci ne doivent ni tomber, ni jamais totalement remonter sur la partie haute de la chair en train de rôtir. Lorsque plus aucune graisse ne suinte de l'animal, continuer à le rôtir pendant environ un demi-temps supplémentaire, sans cesser de tourner la broche. Au fur et à mesure que l'intensité des braises diminue, maintenir la température du rôt par de petits coups de masse sur les fourches, pour abaisser la hauteur de la broche.
      Un bon cuisinier devrait savoir mener la cuisson à terme juste au moment de servir les convives. J'ai toujours satisfait mes hôtes en accompagnant ce met délicat d'une estrapade de bobolets aux petits légumes. En vous souhaitant bon appétit,
      Votre humble serviteur, Pallah.

 
 

Us et Coutumes d'Hébor

Inviter des amis à un banquet
 

      Il s'agit là d'une coutume plutôt bien ancrée dans les mœurs héboriennes. À la moindre occasion, tout est prétexte à de copieuses agapes, juste pour le plaisir de se réunir entre amis. Du simple paysan cultivant consciencieusement sa terre, au plus tyrannique empereur menant conquête sur conquête afin de renouveler son cheptel d'esclaves en tout genre, nul ne peut nier avoir glissé ses pieds sous la table de maints copieux festins.
      Mais il y a néanmoins quelques règles d'usage si l'on veut que la fête soit réussie... Par exemple, et pour mettre les pieds dans le plat, il est tout à fait inconvenant et inconvenable, tout autant qu'inconcevable, de prévenir ses convives au dernier moment. Ceux-ci pourraient alors être gênés de ne déjà plus être disponibles, retenus ailleurs par un important cas de force majeure comme, par exemple, une invitation à d'autres agapes...
flutions
      D'autre part, à moins que l'on estime ne pas faire partie des amis de l'hôte, il est tout aussi inconvenant de ne pas répondre à une telle invitation, par exemple en envoyant un message par les Bardes d'Arvor (si l'on en a les moyens) ou en le faisant transmettre par un tiers ami s'y rendant. Mais la meilleure façon de répondre est bien entendu d'y participer.
      Chacun notera que le fait le plus marquant de cette coutume est que chaque convive participera également aux frais occasionnés... Selon le niveau de vie et les coutumes locales chacun s'acquittera donc de son écot en drams ou en nature.

 

À propos des dieux


     Les dieux peuplent un très large panthéon, mais peu ont de réels effets pour les aventuriers... En fait, l'efficacité d'un dieu dépend à la fois de sa notoriété, de sa puissance et de sa position au sein du Panthéon, et surtout de la ferveur de ses fidèles. D'ailleurs, c'est de cette ferveur et de la puissance quantitative des prières qui lui sont adressées que dépendent plus ou moins les autres repères d'un dieu donné. Donc Oman lui-même pourrait être renversé par un jeune dieu inconnu, dont les promesses et les actions provoqueraient un afflux important d'oraisons ferventes, voire un raz-de-marée de foi débordante et aveugle.
Temple     L'Histoire des Dieux aux Origines d'Hébor est là pour le prouver : des dieux se sont même déjà entretués, certains d'entr'eux n'ayant pas hésité à devenir parricides...
     Plus récemment, l'avènement de Dilahboudjah est là pour prouver qu'une divinité quelconque, sortie de nulle part, peut entraîner de nombreux fidèles dans une foi ardente, voire iconoclaste, au mépris du risque parfois important d'être traité de mécréant ou jugé et condamné comme hérétique.
     --> En termes de jeu: la puissance de chaque dieu est proportionnelle aux nombres de prières qui lui sont adressées. Le dieu ne dépensera cette énergie que pour accomplir des miracles, généralement à la demande de ces prêtres les plus fidèles, ou pour provoquer des cataclysmes afin de punir les inconséquents qui l'auront nargué, qu'ils soient dieux ou mortels... Dans ces calculs interviennent non seulement les prières adressées par les groupes, mais aussi les prières des fidèles, estimées en fonction du nombre de lieux de culte dédiés à ce dieu.



 

Le Calendrier Héborien

par Camelopardus (Astronome et Historien auprès du Grand Conseil des Villes)
 

      Les origines des noms des mois se trouvent ancrées dans la vie et les pratiques religieuses ancestrales...
 
     Inti est le premier mois de l'année. Une fois Inti remercié pour les bienfaits qu'il procure chaque jour, chacun prend, choisit ou s'impose les résolutions qui le guideront tout au long de ce nouvel an.
      Fenwick, deuxième mois de l'année, la nature s'éveille. Au premier jour du mois, paysans et chasseurs prient pour que le dieu nature leur donne une végétation florissante, une petite faune abondante...
      Mackwik, en ce mois les héboriens, surtout les plus pauvres, prient pour que l'abondance les rejoigne.
      Indy, c'est le mois de la chance. Tous ceux priant Indy la tenteront d'une manière ou d'une autre. En ce mois, les tripots ont fort à faire. Pokerwin est envahie par une foule cosmopolite, grouillante et colorée, venue tenter sa chance et vérifier la réputation de cette métropole du jeu.
      Tia'Math est le cinquième mois. La déesse mère est vénérée en ce mois, en remerciement des cinq éléments qu'elle a offert aux mortels: la terre, l'air, l'eau, le feu et l'esprit. Dans les temps anciens, le premier jour de Tia'Math était le point central de la vie religieuse et donnait lieu à de grandes fêtes qui n'avaient rien à envier à celles qui se déroulent de nos jours lors des fêtes d'Inti. Mais peu à peu les mortels oublièrent celle à qui ils devaient tout. Et aujourd'hui seuls quelques rares monastères, quelques ermites isolés, la prient pour le salut des mortels.
      Illapa, mois des pluies. Malgré des saisons peu marquées cette période a toujours été pluvieuse, aussi nos anciens l'ont consacrée à Illapa, la déesse de la fertilité et de la fécondité, afin de la remercier des bienfaits qu'elle nous octroie sans cesse.
      Thor est le mois dédié à la sagesse. Et, historiquement, c'est à cette période de l'année qu'il y a le plus d'actes répréhensibles. Malgré toutes les recherches que j'ai faites sur le sujet, je n'ai pu déterminer de qui des deux le premier est apparu, de l'œuf ou de la gallioune. En effet, les uns soutiennent que c'est à cause des agressions, des vols... que l'on a consacré le mois à Thor, afin de juguler cette violence. Les autres prétendent que les phénomènes de violence intense de cette période sont une réaction des fidèles de T'Wikss, face à la décision de consacrer un mois à Thor, alors que T'Wikss n'a droit qu'à quelques chapelles éparses. C'est aussi le mois des grands pèlerinages au Temple de Thor à Ankhoch.
      Kristo, mois de la création, c'est à cette époque de l'année que l'on coupe le bois de charpente et que sont réalisées la plupart des constructions. En cette période l'intelligence des constructeurs est mise à rude épreuve. C'est pour cela que les anciens ont dédié cette période à Kristo, dieu des constructeurs et bâtisseurs en tout genre.
      Oman, en cet avant-dernier mois de l'année les prières se tournent vers le Dieu des Dieux, afin qu'il donne endurance et résistance à nos pauvres corps meurtris par une année de labeur. Afin encore qu'il nous donne la force d'affronter une nouvelle année, où nous ferons tout pour le satisfaire.
      Mama Killa, mois de tous les espoirs, est le dernier. Avec lui une année de plus s'achève et ce sont les grandes fêtes d'Inti qui remplissent de joie le cœur de chacun et l'âme de chacune. Qui, mieux que la déesse du temps, pouvait offrir son nom et sa protection à cette période ?

 

 

Les élections du Chériff : Modus operendi

par le Barde Pothilik le Sage Grand Maître de la guilde des Bardes d'Arvor pour le Kilgecha
 

      L'élection du nouveau Chériff va se jouer dans les jours à venir. Pour juger de l'importance de la chose, voici quelques mots sur la fonction de Chériff et comment est élu le chef de notre doux pays.
      Le Chériff est élu par le Grand Conseil des Villes, pour un mandat de 30 ans. Il gère et dirige le pays avec l'aide du Grand Conseil. Ce dernier peut mettre un terme au mandat du Chériff, si l'ensemble des membres votent "la mise à pied". L'obtention des votes peut être "officieuse", en cas d'urgence majeure, comme nous avons pu l'observer, il y a trente ans, pour l'ignominieux prédécesseur de Phlache, un certain Pendar, qui portait bien son nom !
      Pour être candidat, les prétendants doivent être des hommes reconnus pour leurs qualités. Cela peut être pour des qualités de chef de guerre, comme ce fût le cas pour Rajac ou Phlache, de diplomate, de négociateur...
      Chaque candidat doit être présenté par le Conseil d'une Ville, qui lui apportera son soutien. Chaque candidat doit ensuite convaincre le maximum de Conseils de Ville de voter pour lui, sur la base de son projet d'avenir pour le Fastzeychadoo.
      Le Chériff est ensuite élu par le Grand Conseil des Villes qui siège à Zehmanchotmor. L'élection a lieu après que chaque candidat ait présenté ses objectifs au Grand Conseil. Très souvent il n'y a qu'un ou deux candidats, mais, cette année, il devrait y en avoir cinq, mais le cinquième candidat serait encore inconnu ! Ceci ne s'était jamais vu.

Galerie de portraits
Les Candidats au poste de Chériff

      Phlache le candidat sortant: élu Chériff en 3970, à la suite de la "mise à pied" de Pendar. Il est originaire de la cité d'Amkhoin. Général brigadier, il devra, dès son élection, mettre en pratique toute ses connaissances de l'art de la guerre et de ses voisins Horrywanthais. C'est un demi-elfe qui aurait une forte proportion de sang barbare. À 70 ans c'est encore un bel homme, grand et athlétique, aux traits fins. C'est un homme sage, sérieux et consciencieux.... Son mandat a été marqué par le refoulement et le maintient des Horrywanthais hors du Fastzeychadoo.
 
Croquis du Mur       Téniquetil, de Craismal, reste le principal adversaire de Phlache. Il serait soutenu par la plupart des villes du Levant du Fastzeychadoo. Téniquetil prône la construction, tout le long du Troublewaste, d'un mur de fortification qui maintiendrait les Horrywanthais sur leur territoire... Solution contre laquelle se dresse Phlache, l'actuel Chériff. Les Horrywanthais n'attaquant pas toujours par voie terrestre, cet investissement serait démesuré pour le résultat à en attendre, juge Phlache. Grand et osseux, Téniquetil est un homme d'une quarantaine d'années, calculateur et froid. Mais on lui reconnaît de réels talents de négociateur...
 
      Lizonbobé, de Mar Cool,, soutenu par la Guilde des Voyagistes et par bon nombre de Guildes de Commerçants, prétend obtenir le poste de Chériff. Son programme est simple d'évidence, il promet de libérer tous les voyages, de lever toutes les restrictions. Pour lui, empêcher les gens de voyager est une entrave à la liberté de commerce. Or les villes, et plus particulièrement celles des bords de mer, comme Mar Cool, souffrent énormément de ces restrictions sur les voyages. De plus, il invoque le fait qu'un pays qui se prépare à un éventuel affrontement doit avoir des richesses. Il est donc indispensable que les citoyens puissent commercer aisément entre eux et avec l'étranger. Armateur de profession, il est d'autant plus sensible aux problèmes posés par les restrictions.
 
      Agalandhor, chef de la garde locale de Boaboa est également candidat. Il se serait couvert de gloire dans la lutte contre le trafic de crochets en tout genre. Son programme est simple et s'appuie sur le thème des relations horrywantho-fazeyannes. Pour lui la meilleure défense, c'est l'attaque. Il préconise donc de mettre sur pied une grande armée et de partir à l'assaut de l'Horrywanth. Il est soutenu par le Conseil de la ville de Boaboa et quelques autres villes du Sud du pays. Voici les mots-clefs de ses discours:
«Ensemble, nous vaincrons...» et « Le Fastzeychadoo aux Fazeyans !»
      Agalandhor est un jeune loup, ambitieux dont les visées politiques ne sont pas sans en inquiéter certains, parmi lesquels seraient les Sages les plus éminents de notre beau pays.